[#RH] Burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel

image-article-1Dans notre conjoncture économique actuelle, les risques psychosociaux (RPS) ne sont pas à prendre à la légère. En effet, notre quotidien est marqué par la crise, le stress, la fatigue… un ensemble d’éléments qui conduisent à une perturbation de la santé mentale et physique des travailleurs. Dans cet article, nous nous intéresserons plus particulièrement au burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel.

Qu’est ce que le burn-out ?

Le burn-out est une maladie désormais connue du grand public et notamment parce qu’elle fait de plus en plus de victimes. En effet, le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel, est un processus lent et sournois s’installant progressivement chez l’individu, provoquant un désengagement de celui-ci dans ses activités professionnelles et personnelles. Les personnes atteintes d’un burn-out se plaignent généralement de ne pas avoir vu venir la maladie.

Les 4 phases de burn-out :

Afin d’expliquer au mieux le burn-out, nous allons examiner sa mise en place en 4 phases :

  • La phase d’alarme :

    Cette première étape du burn-out se traduit par un stress chronique (signes de stress se manifestant de manière récurrente et sur une longue période). Si la (ou les) source(s) du stress n’est pas diminuée ou que la personne ne se repose pas, on constatera une augmentation insidieuse du niveau de stress. Durant cette phase, l’organisme subissant le stress produit différentes hormones (CRH : corticotropinreleasing hormone, ACTH : adrénocorticotropine) afin de minimiser les effets de celui-ci. De plus, le corps est soumis à ce qu’on appelle des réactions physiques d’alarme (troubles musculosquelettiques, lombalgie, mal de dos, torticolis…).

  • La phase de résistance :

    Cette phase est caractérisée par une habituation de la personne à un état de stress permanent, et aux réactions physiques d’alarme de son organisme. Cette étape dans la mise en place du burn-out est considérée comme critique car l’individu entre dans un déni du problème. La solidité du réseau social et de la sphère familiale est alors nécessaire pour aider la personne à prendre conscience de son trouble et ainsi l’inciter à sortir de sa situation.

  • La phase de rupture :

    Progressivement la santé mentale et physique de l’individu atteint ses limites, et les symptômes « disparus » à la phase de résistance réapparaissent. La consultation rapide d’un spécialiste (médecin, psychologue…) est alors vivement conseillé afin de mettre en place une stratégie de soins adaptée, et ainsi, éviter des conséquences graves pour la personne.

  • La phase d’épuisement ou burn-out :

    De façon consécutive à l’absence de soins adaptés, le système de défense psychique et physique de l’individu est épuisé et déréglé. Celui-ci entre alors dans une phase dépressive marquée par :

    • une angoisse perpétuelle,
    • un repli social, affectif et sexuel,
    • des problèmes de sommeil (cauchemars, difficultés d’endormissement, insomnies, réveils intempestifs au cours de la nuit…),
    • des pertes de la mémoire et/ou des troubles de la concentration…

Un arrêt maladie de plusieurs mois à plusieurs années, accompagné d’un suivi thérapeutique sera nécessaire à la victime d’un burn-out pour retrouver un bon équilibre de vie. Cependant, l’individu conservera des traces indélébiles de son expérience comme, par exemple, une plus grande fragilité au stress.

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À la suite de la publication de cet article, nous avons obtenu des commentaires de professionnels en activité dans le secteur des risques psychosociaux (psychologues) sur lesquels il est intéressant de rebondir. Ici, le terme indélébile est remis en question. En effet, cet adjectif à la consonance forte, peut impliquer un impact important et irréversible du burn-out sur la victime, remettant en question la capacité humaine à surmonter les épreuves. De surcroît, les termes durable et tenace peuvent être proposés en contrepartie, permettent ainsi de montrer la force et l’impact d’un burn-out chez une personne.

Découvrez ci-dessous le témoignage de Aude Selly, victime d’un burn-out et auteur de Quand le travail vous tue :

Comment surmonter un burn-out ? par LEXPRESS

Sources :

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149678_1696056438845_4593504_nAurélie Thomas
Chargée de communication et de marketing (stagiaire) chez SpotPink. Je suis actuellement une licence de psychologie à l’Université Paris Descartes. Les sciences humaines et l’impact des actions humaines sur l’environnement m’intéressent particulièrement. Par ailleurs, je consacre une grande partie de mon temps libre au cinéma et à la photographie. Vous pouvez me contacter via mon compte Twitter : @aureliem07.

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1 réponse
  1. Florence ROUSSEL
    Florence ROUSSEL dit :

    En complément de cet article, quelques éléments de compréhension des profils de personnalité sensibles au Burn Out…
    Dans une situation de Burn Out, il y a avant tout ce double-jeu : d’un côté, un surinvestissement professionnel, vécu par le salarié, comme “jamais assez” et une “non” reconnaissance voire une reconnaissance “non démonstrative” de l’employeur, du travail fourni. L’employeur perçoit tout au mieux son salarié comme “investi”; il s’est habitué à sa qualité de travail …
    Chacun ayant à son niveau, sa part de responsabilité bien évidemment…

    Côté salarié, une des clés de la réflexion (ou de travail s’il y a consultation) sera de réfléchir sur la cause de ce surinvestissement; que se passerait-il dans sa vie, si demain il n’y avait plus besoin de travailler … (approche neuro-cognitiviste et comportementale); vous comprendrez ici que ce surinvestissement cache “un manque” …
    Suivant une autre approche (analyse transactionnelle), force est de constater que les salariés concernés par le Burn Out que j’ai rencontré, avaient cela en commun dans leurs profils de personnalité : Fais plaisir et Fais Effort … et cela n’est “jamais assez” …. c’est l’histoire du sac à dos que l’on charge, et charge toujours plus … Comment puis-je le décharger? à vrai dire, dans la plupart des cas, ces personnes sont considérées comme des “bosseurs”, fournissent un travail de qualité (120%) … un des moyens serait de diminuer la charge à 80% … celle-ci serait toujours perçue à 100%!!!
    à lire aussi : http://frhconseil.fr/blog/burn-out/

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