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Crédits : http://ici.radio-canada.ca/

« Nous vivons actuellement dans un village global, un happenning simultané ». Bien avant la démocratisation d’Internet et les évolutions technologiques et numériques, Marshall MacLuhan observait un monde de plus en plus interconnecté.

Avec l’avènement du Web 2.0, les sociétés sont en relation quasi permanente et, l’ère du numérique, est bel et bien leur quotidien. Plus que jamais, nous sommes dans un « village planétaire ». En effet, Internet se présente comme le média du XXIème siècle. Les informations de tout genre y sont disponibles en quantité illimitée, en quelques clics, et en quelques instants seulement. Nous pouvons donc être désormais connectés à n’importe quel endroit du monde et à toute heure. Internet ne dort jamais parce que lorsque certains se couchent, d’autres se lèvent pour accomplir inlassablement et irrémédiablement de nouveaux échanges.

S’affranchir des contraintes du temps et de l’espace permet aux individus de communiquer, de partager, de se rassembler voire même de se mobiliser, quelles que soient leur géolocalisation, leur nationalité, leurs idées et leurs expériences. En conséquence, avec les réseaux sociaux, créateurs de communautés, on assiste au cours de ces dernières années au développement du phénomène de l’e-citoyen qui, depuis son écran et son clavier cherche à faire entendre sa voix et à faire évoluer son environnement.

Mais l’e- citoyen, c’est qui, c’est quoi ?

Il est communément admis que le citoyen est l’individu d’une nationalité donnée, qui participe à la vie de sa cité et qui remplit ses droits et ses devoirs en tant que tel. Ainsi, on considère qu’un bon citoyen exerce ses droits et remplit ses devoirs. Il participe activement à la vie de sa cité en s’exprimant sur les enjeux de la vie publique et en évoluant dans un objectif d’intérêt général. Dès lors que l’on juxtapose le préfixe e-, à ce terme (préfixe tiré du terme électronique), on comprend qu’il s’agit du citoyen qui remplit ces mêmes conditions avec le même intérêt, mais qui s’exprime et agit sur la toile.

Selon le communiqué de presse de Médiamétrie du 02 Mars dernier, « en Janvier 2015, près de 47 millions de Français ont consulté au moins une fois Internet sur leur écran d’ordinateur, soit 3 Français sur 4 ».

Malheureusement, ce sont les tristes évènements au début du mois qui ont occasionné des pics d’audience sur Internet. Le 7 Janvier, après les attentats de Charlie Hebdo, « 1,5 millions d’internautes ont consulté au moins un site d’actualité, soit près de 56% de plus qu’un jour moyen de janvier 2014 ». Les réactions sur les réseaux sociaux ne se sont pas fait attendre, et le hashtag #JesuisCharlie est utilisé plus de 5 millions de fois sur Twitter le 9 Janvier. A l’instar du printemps arabe en 2011, des élections présidentielles, ou encore (pour un peu plus de légèreté), de la cérémonie des Oscars de 2014, certains événements s’emparent du net à une vitesse fulgurante et font place à des vagues de réactions, qui mènent à des formes de mobilisation partout dans le monde, de façon organisée et simultanée.

Dès lors, on comprend l’enjeu de fédérer la citoyenneté sur le net : puisque le net peut attirer et mobiliser autant d’internautes, il semble important de pouvoir sensibiliser et recentrer les individus sur les sujets de la vie publique dans un souci commun d’intérêt général.

La dimension participative au cœur de l’e- citoyenneté

En 2015, Internet est le moyen de faire participer les citoyens à l’évolution de leur communauté et à plus grande échelle, de la société. Ainsi, on note que de plus en plus d’initiatives, en France et dans le monde sont créées et développées dans le but de promouvoir l’e-citoyenneté, de susciter le regain d’intérêt pour la vie politique et d’inciter les individus à participer au changement de la société depuis leurs supports numériques. Parmi celles- ci, nous pouvons citer à titre d’exemple le projet de budget participatif initié par la Mairie de Paris.

Lancé du 14 janvier à septembre 2015, ce projet permet aux Parisiens, sans limitation d’âge ou de nationalité de décider directement de l’utilisation de 5% du budget d’investissement de la ville, soit un demi-milliard d’euros. Ainsi, les citoyens peuvent proposer leurs idées de projets sur une plateforme Internet dédiée à cet effet (idee.paris.fr), puis en Septembre prochain, ils pourront choisir leur projet préféré par bulletin papier ou sur le site budgetparticipatif.paris.fr.

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Les étapes du projet de budget participatif 2015 .Source : burdgetparticipatif.paris.fr

Proposé par la maire de Paris, Anne Hidalgo,  ce projet est défini comme « un nouvel outil de participation citoyenne permettant à tous les Parisiens de proposer et de CHOISIR les projets qui feront ‘le Paris de demain’. Ils auront ainsi la possibilité d’être acteurs à part entière de la vie locale. » Cette dernière ajoute qu’« il est important que les habitants se réapproprient les questions de la cité ».
En 2014, 9 projets ont été retenus par les votes de 40 745 Parisiens, dont 59% avaient choisi de voter via INTERNET . Il est à noter que 8 764 tweets sur le sujet ont été comptabilisés.

Il semble que cette initiative soit particulièrement intéressante car elle replace la voix des citoyens au cœur de la vie publique ; elle les revalorise en prenant en COMPTE leurs idées et leur permet d’agir directement sur leur environnement. Dès lors, ces derniers n’ont pas de peine à effectuer leur devoir de participation à la vie de la cité. C’est certainement la raison pour laquelle en dehors des initiatives gouvernementales, les citoyens développent eux-mêmes de plus en plus d’outils afin de promouvoir cette forme de citoyenneté participative.

Quelques outils qui promeuvent l’e-citoyenneté

  • les wiki. Ce sont des sites publics collaboratifs comme Wikipédia, où les internautes peuvent eux-mêmes ajouter et partager leurs savoirs et connaissances sur un sujet afin de créer une page d’information, utile à tous.
Wiki

Crédits : http://fr.wikipedia.org/wiki

  • les forums comme forum-actualites.com où les internautes peuvent s’exprimer, partager et débattre sur des sujets qui les intéressent.
Forum

Crédits : http://www.forum-actualite.com/

  • le crowfunding, pratique de financement participatif qui permet à des créateurs et entrepreneurs de financer leur projet grâce aux dons d’investisseurs. KissKissBankBank est un exemple de site de crowdfunding et, si cette pratique connaît un réel essor ces dernières années, c’est parce qu’elle a permis à de nombreux projets créatifs et innovants de voir le jour.
Crowdfunding

Crédits : http://www.kisskissbankbank.com/

  • les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, sont très certainement les outils les plus prisés. Ils créent des communautés diverses et variées et permettent les interactions entre les individus où qu’ils se trouvent dans le monde. On note aussi l’expansion de réseaux sociaux locaux comme ma-residence.fr, qui a pour but de créer du lien avec son voisinage et de développer la solidarité entre habitants du même quartier.
Residence

Crédits : http://www.ma-residence.fr/

En conclusion, il semble qu’avec cette multitude de plateformes coopératives et collaboratives, l’Internet citoyen est une activité en pleine expansion. C’est la dimension participative, collective et sociale que peut offrir la toile qui mobilise les internautes et en 2015. L’e-citoyen cherche à récupérer du pouvoir, à faire entendre sa voix et ses idées. Pour ce faire, il a besoin de recréer du lien et de la solidarité : Internet est le lieu idéal ! Chacun peut en effet y exprimer son opinion personnelle tout en puisant sa force dans une communauté. C’est ainsi qu’il participe aux actions publiques et solidaires qui permettent de faire évoluer la société.
De nos jours, les gouvernements et partis politiques ont bien compris l’importance d’internet, et surtout celle des réseaux sociaux pour fédérer les communautés et renforcer l’adhésion. Mais, avec l’évolution permanente du monde numérique, on peut imaginer que les générations à venir passent encore plus de temps sur le net, sans pour autant qu’ils sachent distinguer et trier les quantités astronomiques d’informations à leur disposition. A ce propos, les débats en cours prévoient d’intégrer l’enseignement numérique dans les écoles ; l’enjeu réside donc d’une part, dans l’éducation des internautes, et surtout celle des plus jeunes à l’usage d’Internet et à bon escient, et d’autre part, dans l’approfondissement de l’interactivité entre la vie politique et l’opinion publique, de plus en plus connectée. En effet, Il faudra donc réussir à intéresser et à sensibiliser ces jeunes générations aux messages politiques pour les mobiliser et utiliser leur créativité dans le but de développer une société moderne et solidaire.

SOURCES :

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Auteure de ce billet : 

C

Clémence Mouellé Moukouri
Etudiante en Master de communication et médias à l’ESG Maanagement School. Philanthrope, je m’intéresse beaucoup à la façon dont Internet et les réseaux sociaux peuvent améliorer le lien social.

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