Est-il DANGEREUX d’être multitâche?

multi-tache

crédit photo : frenchweb.fr

Tout d’abord, comment êtes-vous arrivés sur cette page ? Eh bien, je présume que vous étiez en train de “naviguer” sur internet jusqu’au moment où le titre de cet article vous a interpellé. Le multitâche ? Eh oui, c’est ce que vous êtes entrain de faire à ce moment-même, je parie 90 euros que vous n’avez pas qu’un seul onglet ouvert sur votre navigateur, mais rassurez-vous, vous n’êtes pas le ou la seul(e) !

En effet, être multitâche c’est-à-dire faire plusieurs choses en même temps, tend à devenir un mode de vie pour beaucoup. La société actuelle veut des individus capables de mener plusieurs activités de front. Mais notre cerveau en a-t-il vraiment les capacités ? Peut-on arriver au même résultat final, dans le même délai, en fonctionnant de manière monotâche ou multitâche ? Au moment même où vous commencez la lecture de cet article, combien d’entre vous ont un onglet Facebook ouvert ? Un smartphone posé à quelques centimètres, prêt à sonner ou à recevoir un SMS sans réelle importance ?

Cette volonté de mener plusieurs activités en même temps, appelé « multitasking » n’est pas nouvelle. En effet, combien de mères repassent le linge tout en regardant la télévision ? Combien de pères lisent leur journal tout en fumant une pipe ? STOP ne rentrons pas dans ces vulgaires stéréotypes sexistes, mais il est vrai de noter que ce phénomène n’est pas tout nouveau. Disons que ce dernier s’est banalisé avec l’apparition des nouvelles technologies, et plus particulièrement avec l’intégration de celles-ci dans le monde professionnel. Les nouveaux moyens de communication sont alors mis en cause, c’est d’ailleurs ce que Alexis Hervais-Adelman, maitre-assistant de l’Université de Genève rétorque :

« Les smartphones (…) nous incitent à rester joignable en permanence et donc à décrocher plus souvent des tâches que nous effectuons au quotidien. Les réseaux sociaux à la mode comme Twitter ou Instagram nous le prouvent : nous allons toujours plus vers une communication courte et instantanée. Ce qui nous oblige aussi à switcher plus souvent d’une action à une autre ».  

D’un coté, il y a les entreprises qui sont sous le charme

Comme nous le montrent chaque jour de nombreuses offres d’emplois, les candidats aux profils « multitâches » sont très appréciés et recherchés. Pourquoi une telle exigence ? Eh bien, il faut savoir que beaucoup d’entreprises, pour être concurrentielles, recherchent des personnes qui savent travailler dans l’urgence et en résistant au stress. Pour les entreprises, cela représente surtout un grand nombre d’avantages : gagner du temps, de l’argent et parfois même les bénéfices de l’adrénaline pour les salariés (le travail fait dans l’urgence pourrait, semble-t-il, mener à une grande satisfaction, celle d’avoir accompli quelque chose d’exceptionnel dans un temps limité). De l’adrénaline certes, mais sur le long terme, est-ce vraiment innocent ?  

Et de l’autre, la santé qui nous dit « stop »

Selon Franziska Shan, professeure à l’Institut de psychologue à Neuchâtel, « On ressent surtout du stress, on fait des erreurs, on éprouve de la fatigue physique et mentale… Au point de finir parfois en burn-out ». Des études ont démontré qu’en travaillant sur deux dossiers en même temps, la qualité du rendu se trouve affecté. Pourquoi ? Eh bien, lorsque le degré de concentration n’est pas optimal, nous tendons à commettre davantage d’erreurs. Et même au cas ou la qualité serait au rendez-vous, le temps qu’il aura fallut pour y parvenir n’est souvent pas plus court que celui qu’on aurait mis en travaillant de manière « mono-tâche ». Comment cela se fait-il ? Pour comprendre, il faut savoir qu’à chaque fois que l’on passe d’une tâche à une autre, notre cerveau a besoin d’un temps d’adaptation : « On ne peut jamais recommencer le travail exactement là où on l’avait laissé ! ». En effet, vingt-cinq minutes seraient nécessaires pour replonger réellement dans une tâche, après l’avoir interrompue. Dans ce cas-là, ce n’est pas un gain de temps, mais bien une perte!  

Pourquoi opte-t-on généralement pour le multi-tâche ?

On le sait depuis longtemps, la majorité des élèves peut se concentrer au maximum entre vingt et quarante minutes sur une même tâche. Pour les adultes, le temps de concentration est similaire. Mais à cause des nouveaux outils, nous prenons la mauvaise habitude de passer plus rapidement d’une tâche à une autre. Ainsi, lorsque nous sommes sur une tâche, nous avons encore en tête une autre tâche sur laquelle nous venons juste de passer un peu de temps. Cela nuit à notre concentration et à notre mémorisation sur le court terme.

Si nous choisissons d’être multitâche, c’est parce que nous avons l’impression que cela nous permet de rendre notre travail moins ennuyeux. Mais pas seulement, certaines personnes ressentent le besoin d’être multitâche car elles pensent que si elles ne font pas tout d’elles-mêmes, les choses ne seront pas faites correctement, voire pas faites du tout. Cela nait donc, soit d’un besoin de contrôle, d’être là à plusieurs endroits en même temps, soit d’un besoin de perfection car personne ne peut faire les choses « mieux que vous, plus vite que vous, aussi efficacement que vous ». Il faut également savoir que c’est souvent pour communiquer avec l’extérieur que nous décrochons de nos tâches. En effet, ces nouveaux outils de communication sont certes une grande source de distraction mais ils peuvent aussi avoir un impact énorme sur nos émotions. Imaginez que vous recevez un message d’ordre privé qui vous affecte tout particulièrement alors que vous effectuez une tâche. Cette nouvelle se révèlera alors bien plus importante à vos yeux que la tâche sur laquelle vous étiez. Il vous faudra alors beaucoup de temps pour retrouver toute votre concentration, ce qui signifie une fois encore : perte de temps! (perte d’argent?).

Mais comment peut-on faire la part des choses ?

  • Notre cerveau possède une capacité à réaliser plusieurs tâches à la fois, et nécessite pour cela d’un système de mémoire que l’on nomme « mémoire de travail ». Cette dernière nous permet de stocker des informations pendant une courte période tout en manipulant simultanément d’autres informations. Les personnes qui possèdent une bonne mémoire de travail sont généralement très douées en ce qui concerne les compréhensions de textes et arrivent à assimiler facilement de nouvelles tâches.
  • Il peut être stimulant de ne pas passer trop de temps sur une même tâche, quitte à y revenir un peu après.
  • Il est également bon de ne pas stimuler le même canal sensoriel trop longtemps. Pour cela, il est important de commencer par les tâches qui demandent la plus grande concentration, tant que notre cerveau est encore « opérationnel ».
  • Etre multitâche comprend la gestion du temps, vous verrez comme il est incroyable de se concentrer lorsque nous nous fixons un délai imparti ou lorsque nous avons un temps restreint pour accomplir une mission. Avoir un agenda peut, dans ce cas, s’avérer très utile.
  • Comme je l’ai dit plus haut, la plupart des personnes termine une tâche et en démarre une autre tout en continuant de penser à la tâche qu’ils viennent de terminer. Or, lorsqu’une tâche est terminée, il est important de libérer toute l’énergie émotionnelle liée à celle-ci. Ne pensez donc plus à ça.
  • Si vous enchaînez des activités similaires, vous n’aurez pas à faire (mentalement) de gros ajustements entre ces tâches. La perte de temps sera minimisée.

Par définition, être multitâche signifie le fait de faire plusieurs choses en même temps. Mais, cette définition n’est pas à prendre au pied de la lettre, à nous de savoir tirer parti de ses avantages tout en évitant au mieux ses travers. Seul le multitâche efficace peut augmenter le flux de travail pour réaliser les tâches efficacement. Le multitâche efficace gère les priorités, la concentration et l’adaptabilité, et favorise un sens de l’ordre et du contrôle. Gardez en tête que nous avons tous 168 heures dans une semaine et que l’utilisation de ce temps dépend de notre efficacité et de notre productivité. Je parle bien entendu d’une productivité qui n’est pas le résultat de journées ridiculement longues ou d’un nombre exagéré de séquences multitâches. Parce qu’il ne s’agit pas du temps que nous passons à travailler, mais de la manière dont nous travaillons

Sources :


lyndaLynda HOANG Stagiaire chargée de communication et de marketing chez SpotPink. Actuellement en 2ème année de Techniques de commercialisation, je m’intéresse fortement à l’évolution des réseaux sociaux et à leur impact sur notre génération. Je suis également passionnée par le graphisme et par tout ce qui touche aux logiciels de montages vidéos/photos. Contactez-moi via Twitter : @lynda_HG  /  Facebook : Lynda Hoang     

(Article lu 4444 fois)

1 réponse

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour valider votre commentaire... * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.