Qu’est-ce qu’une phobie ?

Phobies

Crédit : PhobiacFear

La phobie est un trouble mental défini comme une « peur persistante et intense, à caractère irraisonné ou excessive (que le sujet reconnaît comme tel), déclenchée par la présence ou l’anticipation de la confrontation au stimulus phobogène ». Le principal symptôme de ce trouble est le désir intense d’éviter la situation ou l’objet phobogène. Les phobies peuvent constituer un handicap pour les personnes en souffrant.

Pour le diagnostic d’une phobie, les symptômes doivent être présents depuis 6 mois ou plus, afin de la distinguer des peurs transitoires communes dans la population, notamment chez les enfants.

Il existe différents types de phobies : la phobie spécifique, la phobie sociale et l’agoraphobie. La phobie spécifique est elle-même subdivisée selon le type de stimulus phobogène :

  • Phobie animale (ex : araignées).
  • Phobie sang-injection-accident (ex : aiguilles).
  • Phobie de l’environnement naturel (ex : tonnerre).
  • Phobie situationnelle (ex : ascenseurs).
  • Autres phobies (ex : peurs des personnes costumées).

En France, la prévalence au cours de la vie des phobies spécifiques est de 6.8% pour les hommes et 16% pour les femmes, tandis que la phobie sociale a une prévalence de 2.6% pour les hommes et 6.6% pour les femmes. L’agoraphobie, pour sa part, a une prévalence au cours de la vie qui varie de 1.2% pour les hommes à 2.3% pour les femmes.

Quand survient la phobie ?

Phobies enfant

Crédit : Ejike Info

Les phobies spécifiques se développent généralement entre 7 et 11 ans. En revanche, l’âge médian d’apparition d’une phobie sociale est de 13 ans. L’agoraphobie survient généralement plus tardivement, vers l’âge de  17 ans.

Les phobies peuvent apparaître à la suite d’un traumatisme, de l’observation d’autres personnes subissant un événement traumatique (ex : voir quelqu’un se noyer), mais elles peuvent également être induites par des facteurs tempéramentaux (ex : inhibition comportementale, névrotisme), environnementaux (ex : mort d’un parent, surprotection parentale) ou génétiques. Ainsi, un individu dont l’un des parents biologiques présente une phobie a un risque élevé d’avoir la même phobie. L’agoraphobie est celle dont le facteur génétique est le plus important, puisque son héritabilité est de 61%.

Comment traiter une phobie ?

Crédits : psychologies.com

Crédits : psychologies.com

A ce jour, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est la plus efficace pour traiter une phobie. Une TCC consiste à fournir au patient des informations sur le trouble, l’aider à identifier les pensées qui maintiennent ce trouble et, à l’exposer à ce trouble dans une optique d’habituation des réponses émotionnelles.

Ainsi, dans le cas du traitement d’une phobie, la TCC est « destinée à modifier l’angoisse, le comportement phobique d’évitement et les pensées catastrophiques qui y sont rattachées » (Cottraux, 2011).

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Sources :

  • American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). Washington, DC: Author.
  • J.P. Lepine, I. Gasquet, V. Kovess, et al. (2005). Prevalence and comorbidity of psychiatric disorders in the French general population. Encéphale, 31 (2), pp. 182–194.
  • Milosevic, I., & McCabe, R.E. (2015). Phobias: The Psychology of Irrational Fear. Santa Barbara, CA: Greenwood.
  • Cottraux, J. (2011). Les psychothérapies comportementales et cognitives (5e édition). Paris : Elsevier Masson
  • Coulrophobie : http://ow.ly/4njwBO | http://ow.ly/4njwza
  • Dysmorphophobie : http://ow.ly/4njxdp | http://ow.ly/4njxvI
  • Trypophobie : http://ow.ly/4njxG9 |  http://ow.ly/4njxJY
  • Taphophobie : Fanous, S., & O’Keeffe, S.T. (2015). Not yet dead and buried! Three cases of taphophobia in older people. European Geriatric Medicine, 6, pp. 274–275.
  • Tokophobie : Ayers, S. (2014). Fear of childbirth, postnatal post-traumatic stress disorder and midwifery care, Midwifery, 30, pp. 145–148.
  • Acrophobie : Coelho, C.M., & Wallis, G. (2010). Deconstructing acrophobia: physiological and psychological precursors to developing a fear of heights. Depression and Anxiety, 27 (9), pp. 864–870.
  • Nosophobie : Noyes, R.J., Carney, C.P., & Langbehn, D.R.(2004). Specific phobia of illness: Search for a new subtype. Anxiety Disorders, 18, pp. 531–545.
  • Hématophobie : Ducasse, D., Capdevielle, D., Attal, J. , Larue, A., Macgregor, A., Brittner, M., & Fond, G. (2013). La phobie du sang-injection-accident : spécificités psychophysiologiques et thérapeutiques. L’Encéphale, 39 (5), pp. 326–331.

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Auteure de ce billet

ColineColine Barbay
Stagiaire chargée de communication et marketing chez SpotPink pour une durée de 2 mois. Actuellement en Licence 3 à l’université Paris Ouest, je souhaite poursuivre ma formation par un Master en psychologie sociale appliquée. Passionnée par les voyages, je m’intéresse également à la psychologie interculturelle.

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