L’e-réputation : un terme 2.0

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Crédits : http://www.lexweb.fr/lil-du-web-2/

L’e-réputation, c’est l’image qu’internet renvoie d’un individu (mais aussi d’une entreprise, ou d’une marque). Elle est constitutive de tout ce qui apparaît sur les sites, blogs, réseaux sociaux, plates formes de partage, et de tout ce qui nous concerne. En bref, votre e-réputation est le reflet de ce que chacun peut trouver et découvrir sur la toile et qui vous concerne. Ainsi, il devient nécessaire d’avoir conscience de la portée de nos actions sur internet car elles contribuent sans cesse à former notre e-réputation. Et ce que nous montrons de nous aujourd’hui sera très certainement accessible demain.

Les réseaux sociaux, une liberté sous surveillance

Montrer et voir tout en exigeant une protection, voilà toute la contradiction des désirs de l’internaute d’aujourd’hui. Les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter deviennent un lieu privilégié d’étalement de ses humeurs, idées, activités, ou pensées intimes. On y livre une partie de soi à un cercle « d’amis » et de connaissances plus ou moins proches. Certains, en s’enflammant sur des sujets politiques, sociaux, culturels, ne réalisent pas que l’écran derrière lequel il se tiennent est loin d’être une véritable protection et que chacune de leur traces laissées sur internet pourrait un jour se retourner contre eux.

Car une phrase peut se transformer en frasque, et la frasque coûter cher… Et internet n’oublie pas ! Enfin, presque pas.

Google a ainsi mis en ligne un formulaire de droit à l’oubli (en lien avec la charte du droit à l’oubli numérique signée en 2010), destiné aux internautes désireux de faire disparaître des informations compromettantes les concernant. Une fois la requête parvenue, elle est examinée pour être acceptée ou rejetée. Mais quand Google se place en juge, on est en mesure de se demander si ce droit à l’oubli n’est pas tout simplement une douce illusion. Une internaute en a fait les frais dernièrement, se voyant refuser la suppression de pages concernant une escroquerie qu’elle avait commise il y a 8 ans et à laquelle de futurs employeurs auraient facilement eu accès. Elle s’est tournée vers la justice française qui a condamné Google à retirer ces résultats embarrassants de son moteur de recherche.

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Crédits : http://www.lije-creative.com/e-reputation/

Miroir, oh mon beau miroir, dis moi qui a le plus de likes ?

Ainsi, la frontière entre vie privée et vie publique se fait mouvante, voir inexistante. Et c’est le concept même de vie privée, dépassé par l’ère du numérique, qui tend à être redéfini. Délivrer des informations, s’exposer, surveiller la vie d’autrui, devient chose courante. On assiste à une banalisation du phénomène d’exhibition, et les réseaux sociaux deviennent le reflet du narcissisme et de l’égocentrisme humain.

Et la pudeur là dedans ? Si l’on pouvait déjà se poser la question à l’heure où Loft story a contaminé notre écran de télévision, cette interrogation est plus que d’actualité aujourd’hui. Quand certains font publiquement étalage de leur vie et de leurs états d’âmes et semblent avoir troqué ce bon vieux journal intime (dont on gardait précieusement la petite clé), avec leur mur Facebook pour voir et être vus, n’est ce pas au détriment de la protection de leur vie privée ?

Car si 98% des français considèrent que le respect de la vie privée est important (étude réalisée sur 1009 personnes pour Le Figaro en juillet 2013), de nombreux internautes ne se privent pas pour autant d’exposer leurs passes temps aux yeux de tous et environ 300 millions de photos sont postées chaque jour sur Facebook dans le monde entier…

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Crédits : lemonde.fr/societe

Vers une éducation numérique ?

Nous devons donc aujourd’hui nous résigner à être surveillés, traçables. Ainsi, il convient d’apprendre à se protéger contre toutes ces formes d’intrusions. Une nécessité de protection qui passe par deux phases : se protéger de soi, mais aussi se protéger des autres. Se protéger dans un premier temps de soi-même, en cédant le moins possible au désir de s’exhiber, de s’exposer, d’inviter les réseaux sociaux dans son propre salon. Savoir se modérer dans ce que l’on offre à voir aux autres de sa propre personne.

Etre vigilant permet ainsi de se protéger des autres, des individus malveillants, de nos collègues, supérieurs, connaissances et amis, qu’ils soient virtuels ou non.

C’est également un véritable travail de sensibilisation des plus jeunes et des internautes en général qui devient de plus en plus impératif, afin de leur apprendre à appréhender au mieux ces outils multi-facettes que sont internet et les réseaux sociaux.

Il s’agit de :

  • les sensibiliser aux menaces du web, à ses dérives,
  • leur faire prendre conscience des dangers de la surexposition et des risques identitaires et sociaux associés à leur propre présence sur internet,
  • leur apprendre à contrôler leur « self-exposition » et à protéger leur vie privée à l’heure où l’information circule à la vitesse grand V.

En bref, c’est une éducation numérique qu’il serait intéressant de commencer à mettre en place.

Et pourquoi ne pas débuter en se remémorant cette fable du XVIIIe siècle de Claris de Florian dans laquelle un malheureux grillon nous souffle à l’oreille que « Pour vivre heureux, vivons cachés » …

Sources :

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Auteure de ce billet

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Sarah Lerch
Après une licence de Lettres Modernes, j’ai décidé d’entamer un master de Communication et Médias à l’ESG Management School. Passionnée de musique, je suis actuellement à la recherche d’un stage dans le secteur de l’évènementiel.

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