L’open space s’use et s’épuise

http://www.photo-libre.fr/

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L’aménagement des bureaux est un élément crucial dans la construction d’une dynamique de groupe productive. Aujourd’hui, les entreprises deviennent de plus en plus étendues, les équipes de plus en plus importantes et les problèmes de communication peuvent survenir. L’open space se place alors comme une solution remise aux goûts du jour pour dynamiser le travail d’équipe. Aujourd’hui près de 60% des entreprises l’auraient adopté. Mais ce concept, aux aspirations fraternelles et conviviales, est-il vraiment efficace ? En effet, la tendance est au décloisonnement, mais la mesure de l’efficacité des équipes travaillant en open space n’a jamais été réalisée. Finalement, savons-nous vraiment si cet aménagement de l’espace de travail est bénéfique pour l’organisation qui l’adopte ? Mais surtout, l’est-il pour les salariés qui le vivent ? L’open-space est-ce que ça fonctionne vraiment ? Focus !

Un concept hypocrite ?

Le décloisonnement est l’élément central qui différencie l’open space du bureau individuel. De manière générale, ces espaces ouverts sont des lieux vastes et, la suppression des cloisons permet de réunir dans un même espace une équipe entière. Les configurations de ces espaces sont multiples. En effet, on peut avoir un même bureau en longueur partagé par l’équipe, plusieurs bureaux disséminés dans l’espace commun ou encore des espaces ouverts et semi-ouverts qui confondent espaces de travail et espaces détente.

L’argument mis en avant est la fluidité et la facilité d’interaction. Est-ce réellement la raison du succès de l’open space ?

Et bien non ! Les chefs d’entreprises adoptent cette configuration principalement pour des raisons économiques. En effet, le prix de l’immobilier a explosé depuis la crise de 2008. Comme l’évoque Valérie Andrade dans son article intitulé Formidable open space sur le site Choisir sa solution de gestion de la Paie & des RH, le prix du mètre carré est trop élevé. Ainsi l’open space se place comme la solution miracle pour installer, sur une même plateforme, une vingtaine voire une trentaine de personnes. En fait, la suppression des cloisons annihile complètement certains besoins de tout être humain. La réduction toujours plus importante de la place allouée aux postes de travail supprime toute intimité. Une réduction des coûts qui pourrait bien finalement frustrer le personnel, nuire à sa motivation, et s’effectuer au détriment de sa productivité…

Un mythe s’écroule 

En apparence, l’ambiance instaurée par cette structure est bon enfant, les niveaux de la hiérarchie sont censés symboliquement s’effacer pour placer l’ensemble de l’équipe sur un même pied d’égalité. Du moins en théorie ! L’open space est fédérateur donc, mais traitre ! Gare à celui qui oublie de remettre de l’ordre sur son bureau ou qui omet d’éteindre la photocopieuse. L’open space impose de nouvelles règles, explicites ou sous-entendues, qui peuvent vite conduire à la crise de nerfs. Le bruit est le problème central de ces vastes espaces. Il découle de ces nuisances un manque accru de concentration, qui se répercute directement sur l’efficacité des salariés :

« Plus souvent dérangées par leurs collègues, elles se concentrent moins sur leur travail et se retrouvent frustrées à la fin de la journée. Une étude plus récente, réalisée en 2014 auprès de 20.000 employés britanniques, confirme cette conclusion ».

Ses perturbations se répercutent même sur la santé des salariés. En effet, une publication d’Osha europa nous montre que l’environnement de travail peut être la source d’un stress important. S’ajoute à cela la course effrénée de l’économie du m2, qui engendre une proximité indéfendable et qui a pour conséquence une prolifération des virus. Leur transmission est d’ailleurs multipliée par 2 dans ces bureaux ouverts :

« Les chercheurs ont comparé le nombre d’arrêts maladies déposés en une année par des salariés selon qu’ils travaillaient en bureau individuel ou en open space. Résultat : en moyenne, les employés des open space ont huit jours d’arrêt maladie contre un peu plus de quatre pour ceux qui sont dans un bureau individuel. » 

En résumé :

Les traquas liés aux nuisances annulent finalement le bénéfice principal de l’open space : la facilité d’interaction. Par ailleurs, le salarié ne s’épanouie pas, donc perd en efficacité et l’employeur ne tire pas le profit escompté par cette configuration. Le manque d’intimité et la proximité parfois exagérée rendent les relations entre collègues tendues. C’est donc est concept qui s’épuise !
Et vous, que pensez-vous de l’open space ?

A voir aussi :

Sources et références :

———– Auteure de ce billet

naïma bioNaïma Haouam Chargée de communication et de marketing (stagiaire) chez Spotpink. Je suis actuellement en master 1 Culturmédias à l’université de Paris XIII. Publivore, la publicité est ma passion et je souhaite devenir Responsable de communication. Le voyage et la course à pieds sont mes activités favorites. Vous pouvez me suivre sur twitter : @nHaouam. Je signe mes tweets sur @spotpink par ^N.

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5 réponses
  1. Popo
    Popo dit :

    Ce billet offre une lumière sur la suprématie du concept de l’open space, il est vrai que cet aménagement d’espace est présenté aux salariés comme une possibilité d’interagir davantage avec les collaborateurs mais ce concept est essentiellement un outil d’économie immobilière pour réduire les m² par salariés, d’où la mince frontière avec l’hypocrisie managériale. Et jusqu’ici, après plus de 30 ans d’application, cet aménagement n’a toujours pas été à l’étude concernant la performance effective de ses usagers. Hypocrisie round #2.

    Cependant l’open space permet d’offrir une identité à l’entreprise, un espace aménagé individuellement n’offre pas le partage et la visibilité d’un espace ouvert où la culture de l’entreprise se reflète directement sur les salariés. Un aménagement ouvert permet aussi d’offrir d’autre possibilité aux salariés en terme de zone de concentration, de repos ou de discussion…

    Je pense donc que l’open space n’est pas un outil de performance à terme mais il est un espace identitaire pour ses salariés lorsqu’il est aménagé intelligemment. Pour exemple les bureaux les plus renommés pour leur bon vivre sont des bureaux ouverts, notamment en France chez Mars France, Pepsi Co, Microsoft, etc. Et, s’approprier son bureau et en faire une fierté personnelle favorise l’implication des salariés et leur performance sous cette dimension. C’est donc ce sujet qu’il faut valoriser dans le discours et non la performance individuelle, ni la facilité d’échange entre collègues puisque la cohabitation forcée n’a jamais fait bon ménage.

    #From desksharing user

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